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Environnement, ressources naturelles et développement durable

Notre travail

Contrôle et gestion des ressources naturelles mondiales

Les politiques économiques mondiales actuelles ont tendance à accorder la priorité à la production économique au détriment de la protection de l’environnement et du développement social. Dans le cadre de ces processus, les pays en développement sont de plus en plus marginalisés, que ce soit du point de vue de l’accès à leurs ressources naturelles et environnementales et des avantages qu’ils parviennent à en tirer, de leurs perspectives de développement ou des niveaux de vie de leurs populations.

Le problème fondamental des ressources naturelles et environnementales mondiales en termes de gouvernance mondiale est le suivant : dans la plupart des cas, ces ressources obéissent à des régimes caractérisés par le libre-accès,  alors que les ressources en libre-accès ont tendance à encourager une appropriation et une utilisation excessives. Étant donné le pouvoir et les ressources politiques, économiques et financières des pays industrialisés, les conditions de libre-accès ont tendance à favoriser leur accès continuel aux ressources naturelles et environnementales mondiales au détriment des pays en développement.

Il est nécessaire d’aborder la question des régimes de gouvernance régissant les ressources naturelles mondiales, qui ne sont peut-être pas en libre-accès, mais dont l’importance pour la croissance économiques des pays en fait la source principale de conflits, pour s’assurer que les conflits sont minimisés ou évités et pour garantir que l’accès et l’utilisation de ces ressources sont équitables, durables du point de vue environnemental et servent les intérêts de développement du Sud.

Gestion des conditions environnementales mondiales

Les conditions environnementales mondiales qui se dégradent et changent de plus en plus rapidement risquent de compliquer la tâche des pays du Sud pour ce qui est de l’établissement et de l’adaptation de leurs modes de production économique nationaux en vue d’obtenir un effet économique, social et environnemental optimal. La protection environnementale est un objectif important en termes de politiques dans le cadre du Sud. En effet, les trois quart de la population mondiale vivent dans le Sud et l'espace environnemental est une condition sine qua non au processus de développement.

Ainsi, le Sud peut et doit tirer des leçons des excès du Nord et choisir une voie de développement qui, tout en augmentant les niveaux de vie des pauvres et en leur offrant des possibilités d'emplois décents, soit durable du point de vue environnemental. Le Sud peut et doit également agir de façon stratégique et proactive, ainsi qu’être attentif aux effets des changements de perception des conditions environnementales, notamment la façon dont ils changent le langage et les perspectives politiques des acteurs clés du Nord (gouvernements, universitaires, société civile et industrie). 

Sans régimes de gouvernance clairs, participatifs et transparents qui gèrent l'accès à ces ressources et les conditions environnementales mondiales, les pays du Sud risquent de se retrouver sans, d’une part, les ressources naturelles ni, d'autre part, les conditions environnementales nécessaires à leur développement pour sortir leurs peuples de la pauvreté et leur accorder une vie digne.

Mécanismes de gouvernance environnementale PNUE et les AEM

Le développement durable comprend trois composantes principales : le développement économique, le développement social et la protection de l’environnement. Il s’agit de piliers interdépendants qui se renforcent les uns les autres. La réduction de la pauvreté, le changement de modèles de production et de consommation non durables, ainsi que la protection et la gestion de la base en matière de ressources naturelles du développement économique et social sont des objectifs globaux du développement durable et une condition sine qua non à son atteinte.

Tous les pays doivent collaborer et coopérer pour atteindre un développement économique dans le Sud qui soit progressif, équitable et durable du point de vue environnemental. Cet objectif requerra des changements dans les comportements et les structures du Nord, notamment en ce qui a trait à l’adoption de styles de vie et de modèles de production et de consommation durables, de façon à libérer de l’espace environnemental, espace au sein duquel le Sud pourra utiliser ses ressources et se développer. Des changements dans les systèmes de gouvernance politique et économique mondiaux seront également nécessaires pour permettre au Sud d’y participer de façon effective, d’en tirer profit de façon équitable et d’adopter avec flexibilité des politiques nationales qui s’adaptent à leurs besoins et à leurs intérêts.

La réelle difficulté est de savoir comment s’assurer que les pays soient soumis à des mécanismes mondiaux de gouvernance économique et environnementale transparents, démocratiques, plus représentatifs, plus participatifs, qui obligent à rendre des comptes et dont les structures, les priorités et les politiques ne sont pas uniquement soumises à la bonne volonté du Nord. Les régimes de gouvernance mondiale liés aux ressources naturelles et environnementales mondiales devraient tenir compte des intérêts de tous les peuples, ils doivent notamment favoriser les aspirations du Sud en matière de développement dans la mesure où il s’agit là de la meilleure façon de garantir que la croissance économique mondiale est socialement équitable et durable du point de vue environnemental.

Le travail du Programme, qui se fonde sur les réflexions et les analyses déjà effectuées par le Centre sur ces questions liées à la gouvernance environnementale mondiale, comprend:

  1. La compréhension des structures et des processus liés aux mécanismes de gouvernance environnementale mondiaux existants et aux différents accords environnementaux multilatéraux (AEM) en vue de les rendre plus représentatifs ou transparents du point de vue des États du Sud, de la société civile mondiale et d’autres parties prenantes 
  2. La proposition de changements des structures et des politiques relatives à ces mécanismes et ces accords pour leur permettre de mieux appuyer et favoriser des modèles de développement équitables et durables dans le Sud.
  3. le renforcement de la capacité du Sud et de la société civile du monde entier à participer aux processus de prise de décision et à évaluer les répercussions en matière de développement durable des projets et des politiques du PNUE et des AEM.
  4. la promotion d’un processus caractérisé par le dialogue, la collaboration et le partenariat dans le cadre du PNUE, des AEM, des gouvernements du Sud, de la société civile, de l’université et d’autres institutions en vue d’améliorer les conditions et les normes environnementales mondiales, d’augmenter l’accès aux ressources naturelles mondiales, d’élaborer des régimes de gestion, de favoriser l’innovation et les transferts de technologie de l’environnement du Nord vers le Sud, d’améliorer l’assistance technique et financière et de changer la politique (dans les domaines de gestion environnementale, de gestion des ressources naturelles et de la production économique ainsi que la consommation) de façon à mettre le Nord et le Sud sur une voie de développement équitable et durable du point de vue environnemental grâce à la mise en œuvre d’instruments environnementaux, qu’ils soient nouveaux ou existants, au sein du système des Nations Unies.

Publications 

Pour consulter des publications et des documents sur cette question, cliquez ici.